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Services écologiques et écosystèmes

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« UNE SEULE PLANÈTE »

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Nous assistons sous nos yeux à l’épuisement d’un système économique fondé sur une expansion perpétuelle de la consommation. Comme notre modèle social et politique repose en grande partie sur une surexploitation des ressources – renouvelables ou non – brider la consommation revient à fragiliser tout l’édifice de nos sociétés : un vrai crime social.

Dans ce contexte, l’exposition « Une seule planète » traite de la gestion durable et équitable des ressources en questionnant notre rapport à la nature et nos relations au patrimoine, à la propriété, à nos enfants, à nos aînés, à la répartition des richesses et à la définition même de ce qu’est une richesse. Nous évoquons aussi les bizarreries fiscales et comptables. Bref, elle évoque probablement un nouveau contrat social qui reviendrait, en somme, à se poser la question de ce qui compte vraiment pour nous, dans nos vies.

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Cette exposition d’affiches complète l’exposition interactive « Une seule planète » qui propose de s’interroger sur une gestion durable et équitable des ressources naturelles aux échelles locales comme mondiale.
Fiche Technique
adolescentes et adolescents, grand public.
40 minutes
préparation de la visite. Accompagnement à la mise en œuvre de projets.
des équipes pédagogiques
exposition composée de 12 affiches plastifiées (50x70 cm), nécessitant 12 m linéaires.
Conception et Conseil scientifique
  • Les Petits Débrouillards
  • Centre de Recherche et d’Information pour le Développement (CRID)
Partenaires
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CONTENUS

12 AFFICHES SUR NOTRE MODÈLE SOCIO-ÉCONOMIQUE, SOUS DIFFÉRENTS THÈMESpicto téléchargement
« Une seule planète »
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Pour une gestion durable et équitable des ressources Nous assistons sous nos yeux à l’épuisement d’un système économique fondé sur une expansion perpétuelle de la consommation. Comme notre modèle social et politique repose en grande partie sur la surexploitation des ressources – renouvelables ou non – brider la consommation revient à fragiliser tout l’édifice de nos sociétés : un vrai crame social. L’appel ignoré de George W. Bush à "aller faire son shopping" peu après le désastre du 11 septembre 2001, est l’un des exemples les plus révélateurs du phénomène. Pour l’économiste Amartya Sen, après la consommation prend ses racines dans le besoin de vivre sans honte : "Pour pouvoir rendre visite à ses amis et les divertir, pour suivre le fil de ce qui se passe et de ce dont les autres parlent, et ainsi de suite, il faut un ensemble de biens et de services plus coûteux que dans une société globalement plus riche, dans laquelle la plupart des gens possèdent déjà, par exemple, un moyen de transport, de beaux vêtements, une radio et un poste de télévision, etc.". Prolongeant cette réflexion, l’universitaire anglais Tim Jackson en déduit que "si nous considérons parce que l’importance des biens matériels dans le fonctionnement social, il n’existera jamais aucun parti politique qui nous dise en mesure de nous dire quoi que ce soit et encore moins". Or, au-delà d’un certain niveau, l’augmentation de la richesse des nations ne s’accompagne plus d’un sentiment de bien-être. Pire, en voulant toujours plus, nous risquons d’aggraver les inégalités et les tensions sociales. 83% des Australiens, 62% des États-Uniens et à peu près autant d’Européens se considèrent comme "ones" et déjà trop matérialistes. Nous devons et voulons changer mais nous ne savons pas comment. Pourtant, une foule d’initiatives fleurit à travers le monde. Dans ce contexte, traiter la gestion durable et équitable des ressources ne revient pas uniquement à questionner notre rapport à la nature mais notre rapport au patrimoine, à la propriété, à nos alliés, nos ennemis, à la répartition des richesses, à la définition de ce qui est riche. Nous évoquons probablement un nouveau contrat social qui revendrait, en somme, à se poser la question de ce qui compte vraiment pour nous, dans nos vies. "Vivre tout simplement pour que tous puissent simplement vivre" énonçait Gandhi en ajoutant : "Il y a assez de ressources sur cette planète pour répondre aux besoins de tous, mais il n’y en a pas assez pour répondre à désirs de possession de chacun". Notre modèle s’épuise. Et nous ?
« Cette semaine, pour l’achat d’un déchet toxique, le cadavre est offert »
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Cette semaine, pour l’achat d’un déchet toxique, le cadeau est offert En septembre 2006, le cargo Probo Koala déversa ses déchets toxiques dans les décharges d’Abidjan provoquant la mort de nombreux habitants. Cet acte scandaleux est tout à fait rationnel. Pour Lawrence Summers, qui fut économiste en chef à la Banque Mondiale, « les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air y est d’un niveau inouïment élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico. Il faut donc préconiser davantage de facture aggravant les risques d’un cancer de la prostate dans un pays où les gens vivent assez vieux pour avoir cette maladie, que dans un autre pays où deux cents enfants meurent avant d’avoir atteint l’âge de cinq ans ». Selon cet économiste, « la logique économique devrait être de déverser les déchets toxiques dans les pays aux salaires les plus bas où [les gens] sont irréprochables ». Ce raisonnement se fonde sur le calcul du prix d’une vie humaine. Certains économistes et compagnies d’assurance précisent d’appliquer un ratio du PIB par habitant. Selon ce mode de calcul, un Européen vaut trente-deux burkinabés. Pourquoi se priver ? C’est donné, non ?
« Ça, pour frapper dessus, on trouve toujours les moyens d’étudier le sol »
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Ça, pour frapper dessus, on trouve toujours les moyens d’étudier le sol. Étudier et maîtriser la géographie est un enjeu stratégique pour les États. Les armées utilisent les mêmes moyens humains et technologiques que les sciences de l’étude des sols et des ressources. Les technologies spatiales d’observation (les satellites) permettent de guider les drones (avions sans pilote), les missiles (au mètre près) comme elles permettent de dessiner des cartes de zones inondables, boisées, etc. Ces informations doivent être recoupées d’informations de terrain, produites soit par des agents de renseignement (espions), soit par des géographes, ethnologues... Car une information recoupée depuis l’espace (36 000 km du sol pour un satellite géostationnaire) ne permet pas de saisir la réalité des situations (régime de propriété, conflits locaux). En juin 2010, des géologues états-uniens ont révélé que le sol afghan recelait plusieurs milliards de dollars de minerais. C’est l’effort de guerre déployé dans cette partie du monde qui est à l’origine de cette découverte. Mais qui contrôlera ces ressources et avec quels moyens ? Les satellites ne donnent pas (encore) la réponse.
« C’est ma terre, j’en fais ce que je veux »
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C’est ma terre, j’en fais ce que je veux ! En France, 92% du sol est privé. Le code civil y définit la propriété comme "le droit de jouir et de disposer des choses de la manière la plus absolue". Toute réserve, même minime, à ce droit est définie comme une "servitude", une exception. Ayant le droit "d’user et d’abuser" du sol, on peut goûter notre allée ou supprimer les haies dans les champs selon notre bon vouloir. Cette tradition constitue une entrave majeure à une gestion écologique des sols publics et à leur gestion collective. À Madagascar, 80% des sols sont publics et calamiteusement gérés. L’opposition bien privé/bien public est donc stérile. Il existe par le monde une infinité de modes de gestion collective et de régimes de propriété permettant de concilier le droit légitime à chacun de parcelles de terre pour habiter, vivre, et la nécessité d’une gestion soutenable. Dans la tradition anglo-saxonne par exemple, le droit de propriété est un paquet de droits et on sépare le droit de propriété du droit d’usage. Les Français, feront-ils, cette fois, une vraie révolution, celle des biens communs ?
« Dominer c’est dans la nature de l’homme »
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Dominer, c’est dans la nature de l’homme Pour Pierre-Henri Gouyon, biologiste français, Dédale est le personnage mythique qui incarne les dérives de la pensée du Progrès. Figure de l’ingénieur moderne, il croit tant en sa capacité à trouver des solutions techniques à des problèmes humains qu’il engendra des catastrophes successives de mois en mois sous son contrôle. Il paya le prix de son arrogance par la mort de son fils Icare. Lorsque René Descartes (philosophe et mathématicien français du XVIIe siècle) plaida pour se "rendre comme maître et possesseur de la nature", il redonna vie à cette vision de l’espace humain se prenant pour les Dieux. Cette philosophie explique que nous soyons aujourd’hui convaincus, à tort, d’être toujours capables de trouver des solutions technologiques à tous nos maux. Ceux qui expliquent aujourd’hui l’on pourrait arrêter dans l’instant toute utilisation de pesticides en agriculture à condition de généraliser la technologie des OGM sont enfants de cette mystification suicidaire et irrationnelle. Le chemin est court du scientisme à la pensée magique ! Serons-nous les Icare contemporains brûlés à l’autel d’un orgueil démesuré ?
« Et les avions, ils volcan ? »
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Et les avions, ils volcan ? L’éruption du volcan islandais Eyjafjöll en avril 2010 a révélé notre dépendance totale à l’environnement. De tout temps, notre développement s’est appuyé sur la connaissance et l’utilisation de la biodiversité. Le "régime alimentaire méditerranéen" est constitué de tomates, courgettes, autres condiments importés des Amériques, d’Afrique ou d’Asie. La frise de Plougastel est issue d’un croisement, opéré au XIXe siècle entre une fraise d’Amérique du nord et du sud. Mais, dès le XIXe siècle on crut cette bio-dependence abolie. N’étions-nous pas capables de construire des immeubles avec du béton, des bateaux en acier ? Hélas ! Pas de béton sans calcaire, fruit de milliards de micro-algues. Pas de gissements d’acier ou d’uranium dans le travail des micro-organismes sur des échelles de temps géologiques. Désormais, nous consommons chaque année une quantité d’énergie fossile équivalente au travail d’environnement 10 siècles de la biodiversité passée. Les XIXe et XXe siècles auront été ceux de la grande illusion d’une déconnexion du développement des sociétés humaines de son environnement. L’enjeu du XXIe siècle est de construire une histoire du co-développement des sociétés humaines et de la biodiversité.
« Le pirate, le meilleur ami du poisson »
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Le pirate, le meilleur ami du poisson. La biodiversité marine disparaît-elle de toutes les mers du monde ? Non. Une petite zone résiste encore et toujours à l’envahisseur... Cette fois pas de Gaulois luttant contre l’envahisseur Romain. Au large des côtes somaliennes, zone de grande instabilité à l’échelle du monde, des pirates, pour certains anciens pêcheurs, pour d’autres authentiques voyous des mers, kidnappent touristes et attaquent bateaux et cargos. Une des conséquences de cette insécurité locale fut que les grands chalutiers battant pavillon de grandes puissances marines (comme la France) durent s’éloigner des côtes. Surprise : progressivement, les observateurs constataient une amélioration de la taille et du nombre de poissons de nombreuses espèces. Nyurat-il comme seule solution à la surexploitation des ressources que la thèse des militants de la "deep ecology" qui affirment que pour sauver la biodiversité, seul serait souhaitable le suicide de notre espèce le plus rapidement possible, afin de libérer la planète du poison de son espèce la plus prédatrice (l’humain) ? Alors, tous pirates ?
« Le panda est mort, vive le cantal ! »
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Le panda est mort, vive le cantal ! Depuis les années 1970, l’apparition de célèbres mouvements écologistes s’est accompagnée d’une stratégie médiatique se focalisant sur les "espèces remarquables", qui mobilise l’imaginaire collectif et titille l’émotion des populations (baleine, dauphin, panda...). Or, la biodiversité ne se résume pas à la diversité des espèces. Elle se décompose en trois niveaux : génétique (variabilité des gènes au sein d’une même espèce), spécifique (la diversité des espèces), écostémique (diversité des écosystèmes et des interactions entre les populations et leurs environnements physiques). Les corps humains ne fonctionneraient pas sans ses 1,5 kg de bactéries qui assurent, par exemple, les processus de digestion. Pas de Cantal (le fromage sans acariens !) La biodiversité donc autant à craindre de la disparition des grands mammifères. Aussi se focaliser uniquement sur ces derniers ne permet pas de comprendre ce qui est en jeu dans la sauvegarde de la biodiversité. À quand la constitution d’une micro-ONG (Organisation Non Gouvernementale) pour la sauvegarde des micro-organismes ?
« Vous l’avez payée, mais vous l’avez volée »
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Vous l’avez payée, mais vous l’avez volée. Notre économie se fonde sur des conventions. L’une d’elle, vieille du XIXe siècle, stipule que les ressources de la biosphère, considérées comme infinies et inépuisables, ne valent rien. Pas plus l’or que l’eau, l’uranium que le bois n’ont de "valeur intrinsèque". Seuls le travail humain (qui transforme ces matières premières en bijou, énergie...) et les moyens de production et de distribution (machines, routes...) produisant des richesses. Or notre économie repose sur quatre types de capital : manufacturier, humain, social, naturel (ressources renouvelables et non renouvelables). Pourtant notre fiscalité (taxes, cotisations) ne joue que sur les deux premiers pour financer notre modèle social (sécurité sociale, chômage, retraite...). C’est pourquoi certains économistes proposent d’opérer un "basculement des régulations" : taxer fortement les consommations de capital naturel (pour les économiser) et diminuer le coût du travail humain sous toutes ses formes — qui plus est en période de fort taux de chômage. De là quelques questions qui fâchent. Par exemple : faut-il donner un "prix" à la nature afin de fonder une fiscalité du XXIe siècle ?
« L’armée au secours des ressources naturelles »
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L’armée au secours des ressources naturelles. Dans le "Rapport secret du Pentagone sur le changement climatique" édité en 2000 aux États-Unis, les militaires abordent pour la première fois les enjeux liés au changement climatique et à l’accès aux ressources. Des nouvelles doctrines militaires sont évoquées. La principale promeut la disparition des distinctions entre armée (qui protège contre les dangers extérieurs) et police (qui assure la sécurité des biens et personnes à l’intérieur de l’espace national). Évoquée dans le Quadrennal Defense Review (QDR) dès les années 1990, cette idée survient en France en 2008 dans le Livre Blanc de la Défense. Cette proposition postule que les dangers que les États affronteront désormais ne relèvent plus de guerres entre nations mais de tensions internes aux pays (guerres civiles, insurrections). Au Brésil, en Colombie, en Afrique subsaharienne, en Russie, les armées ont déjà dû choisir entre la sécurité des habitants et celle de l’accès aux ressources. Les participations de l’armée française aux gissements d’uranium ou de pétrole en Afrique démontrent que le choix entre droits humains et accès aux matières premières prend des détours choquants. Mais motus... Ici la Grande Muette, ce n’est pas l’armée, c’est la France dans son ensemble.
« Lequel de ces deux hommes est le plus intelligent ? »
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Lequel de ces deux hommes est le plus intelligent ? Un produit de la mer consommé sur deux dans le monde provient désormais de l’aquaculture (80 millions de tonnes pêchées en mer, autant provenant d’élevages industriels). C’est dans les années 1850 que se joua en France la bataille de paternité de l’invention de la pisciculture. Deux Vosgiens, Joseph Remy, pêcheur, et Antoine Géhin, cabaretier, résolurent le problème de la noce des œufs après fécondation. Dès cette invention révélée, des membres de l’Académie des sciences, notamment Victor Coste, minorèrent le rôle des deux Vosgiens et s’approprièrent leur réussite. Selon Coste, la science ayant déjà promis cette innovation (dès 1840, le Baron de Rivière inventait le terme de pisciculture), Remy n’était même pas digne d’avoir appliqué les théories qu’il ne connaissait pas. Coste gagnait la bataille et s’enrichissait grassement. Des exemples existent dans d’autres secteurs (industrie, agriculture, service). En acquérant les acteurs populaires de la photo, nos sociétés acquièrent la conviction que seuls les scientifiques et les ingénieurs produisent de l’innovation et de la science. Pourtant, face à nos défis écologiques et sociaux, toutes les intelligences sont aujourd’hui requises. Ne serait-il pas temps de reconsidérer notre définition de l’innovation – et son financement ?
« L’écolo mafia, une organisation qui laisse des traces »
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L’écolo mafia, une organisation qui laisse des traces. Depuis près de 30 ans, la mafia napolitaine, la 'Ndrangheta, gère (mal) les déchets de la ville de Naples (7500 tonnes par jour). Aujourd’hui, ces mafias – puissances financières colossales – infiltrent la plupart des secteurs d’activité légaux. Pour Francesco Forgione, la distinction entre une organisation purement criminelle et une mafia est que la seconde entretient des rapports structurels et permanents avec le système économique et politique. Aucun pays n’y échappe. Cet argent afflue vers les marchés porteurs : extraction des déchets, gestion de matières premières... Cette gangrène se nourrit de l’affaiblissement des pouvoirs publics, corrompe des dérèglements économiques. Or, si elle est aisée à détourner un service public, en bâtir un est une autre paire de manches : cela requiert du temps (plusieurs décennies) ainsi qu’une volonté politique sans faille sur la longue durée. Or nos sociétés, entées de difficultés à agir sur le temps long, préfèrent souvent les solutions immédiates et augmentent les formes d’insécurité. Même si le temps est compté, en prendre permet d’en gagner. Les générations futures nous diront merci.